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Mort de Manu Dibango : « Soul Makossa », sa carrière… Retour sur une incroyable vie

 

 

 

 

 

Manu Dibango, mort d’une légende

Quelques jours avant sa mort, les proches de Manu Dibango avaient indiqué que le chanteur se reposait et récupérait « dans la sérénité ». « Il se réjouit d’avance de vous retrouver prochainement et vous demande, en cette période troublée que nous traversons tous, de bien prendre soin de vous », précisait également le communiqué alors publié, qui se voulait plutôt rassurant. Avec sa disparition, c’est toute la musique qui pleure l’un de ses visages les plus emblématiques. Dès les années 50, Manu Dibango avait réussi à s’imposer sur la scène world, entre soul, jazz et musique africaine. En 1972, il avait composé l’hymne de la Coupe d’Afrique de football, un morceau intitulé « Soul Makossa » et qui deviendra l’un de ses plus grands succès. La chanson sera d’ailleurs reprise par de grands noms de la musique internationale comme Michael Jackson ou, pus récemment, Rihanna. Une carrière immense « dirigée par la passion », comme il l’expliquait à RFI dernièrement. Et jusqu’en octobre dernier, Manu Dibango, infatigable, célébrait ses 60 ans de carrière sur la scène du Grand Rex de Paris, accompagné par l’Orchestre Lamoureux. Manu Dibango, une vie de concerts

Le musicien et chanteur franco-camerounais Manu Dibango laisse derrière lui une carrière immense « dirigée par la passion », comme il l’expliquait au micro de la radio RFI dernièrement. Et jusqu’au 17 octobre dernier, Manu Dibango, infatigable et saxophone à la main, célébrait ses 60 ans de carrière sur la scène du Grand Rex de Paris, accompagné par l’Orchestre Lamoureux. Cette année, le saxophoniste et chanteur devait remonter sur scène en Martinique dès ce 17 avril. En plus de sa vie de musique et de concerts, Manu Dibango s’était engagé en 2018 aux côtés de Juliette Binoche en signant une tribune contre le réchauffement climatique, intitulée « Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité », publiée en Une du Monde.

 

L’histoire de « Soul Makossa »

Avec « Soul Makossa », Manu Dibango a conquis la planète. C’est en effet ce tube, sorti en 1972, qui permet au musicien franco-camerounais de se faire connaître à l’international. A l’origine, cette chanson n’était que la face B d’un 45 tour, porté par un tout autre titre qui doit devenir l’hymne de la Coupe d’Afrique des Nations de football. L’artiste avait en effet sollicité le ministre des Sports du Cameroun pour enregistrer une chanson en soutien à l’équipe nationale. Mais ce n’est pas la chanson prévue que l’on retiendra : « Soul Makossa » s’écoulera à 50 000 exemplaires en France et fera exploser la notoriété de Manu Dibango.

Jusqu’aux Etats-Unis, ou plusieurs artistes s’emparent de la mélodie, notamment Michael Jackson et son « Wanna Be Starting Something », que le musicien camerounais accusera de plagiat. Dans les années 80, le litige se serait terminé par un accord financier entre les deux hommes. Plusieurs années plus tard, en 2009, c’est la chanteuse Rihanna qui sample le « Soul Makossa » de Manu Dibango pour son titre « Don’t Stop The Music ».

 

Biographie de Manu Dibango

Né en 1933 au Cameroun, Manu Dibango est envoyé en France par ses parents à l’adolescence pour y poursuivre ses études, et il s’initie alors à la mandoline et au piano. Le célèbre artiste camerounais Francis Bebey, qu’il rencontre lors d’un camp de vacances, lui apprend aussi les bases du jazz et le saxophone. Ils forment un groupe ensemble et donnent quelques représentations. Après son échec au bac en 1956, et alors que son père le laisse tomber, Manu Dibango part en Belgique se produire dans des cabarets, notamment fréquentés par la communauté congolaise, si bien que son jazz évolue vers des sons africains. Il rencontre à cette époque le mannequin Coco qu’il épouse en 1957, et Le Grand Kalle qui l’engage dans l’orchestre African Jazz, ce qui le conduit à enregistrer plusieurs disques à succès en Afrique et à partir en tournée au Zaïre en 1961. En 1962, Manu Dibango prend alors la gérance d’un club à Léopoldville et sort « Twist à Léo », avant d’ouvrir son propre établissement au Cameroun en 1963, mais cette entreprise se solde par un échec.

Après son retour en France en 1965, Manu Dibango crée son Big Band en 1967 et participe aux émissions « Pulsations » où il rencontreDick Rivers et Nino Ferrer, pour qui il sera musicien quelque temps, avant de sortir l’album « Saxy party » en 1969 lui permettant de renouer avec son public africain. En 1972, la chanson « Soul Makossa », succès mondial repris par la suite par Mickeal Jackson ivoirienne et sort différents albums dont « Home made » en 1978, « Waka Juju » en 1982 et « Afrijazzy » en 1986, tout en collaborant avec de nombreux artistes comme Gainsbourg et Paul Personne. En 1988, il publie son autobiographie « Trois kilos de café ».

Depuis les années 1990, Manu Dibango poursuit les enregistrements avec succès, dont « WakafriKa » en 1992, « Négropolitaines » dont le 2e volume lui vaut une Victoire de la musique, « Lamastabastani » en 1996 et « Kamer feeling » en 2001. En 2010, Manu Dibango se voit décerner la Légion d’honneur et en 2019, remonte sur scène pour une tournée anniversaire, célébrant ses 60 ans de carrière. Musicien populaire, connu et reconnu pour sa musique mais aussi pour son humilité, Manu Dibango laisse derrière lui une carrière immense et un sample de saxophone légendaire.

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